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| Top Entreprises/Bedrijven, où il fait bon travailler en Belgique 2007 |
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Auteur: Melanie De Vrieze (réd) |
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Maison d’édition: Corporate Research Foundation, 2006 |
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ISBN: 978 90 3419977 5 |
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Prix: 19,95 euro |
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Top Entreprises où il fait bon travailler en Belgique
Trente-quatre entreprises, à travers leurs DRH et leurs collaborateurs, nous livrent une nouvelle édition du Top Entreprises, un condensé des bonnes pratiques en ressources humaines.
Les bonnes pratiques en GRH ce sont celles qui aident les collaborateurs à se sentir bien dans leur milieu professionnel et leur fonction, qui vise à leur développement et à leur épanouissement, qui instaurent un dialogue au coeur des évaluations et prennent en, considération aussi bien les aspects pratiques qu’éthiques et moraux de l’organisation du travail.
Les entreprises étudiées et interrogées sur leur quotidien avec leurs employés se veulent des sources d’inspiration sans doute, d’échange certainement, mais elles ne revendiquent pas de modèle exclusif dans leur manière de conduire leur personnel. Mais elles ont en commun d’avoir toujours abordé les problématiques du recrutement, du développement et de la formation, de la participation et de l’implication sociétale, avec respect et l’expression d’une culture forte.
C’est le cas notamment pour Colruyt, pour Dell, pour IBM, pour Levi Strauss ou Randstad.
Dans d’autres structures, le défi est directement lié à la pression de la mondialisation, et consiste en une pression sur le déploiement des talents, sur la recherche et la valorisation de l’excellence, sur la reconnaissance des potentiels. Les secteurs IT et financier sont à cet égard exemplaires, lorsqu’ils concentrent leurs discours comme leurs actions sur la vision d’un projet de carrière réelle et pas sur celle d’une activité professionnelle aux perspectives à court terme, sans tomber pour autant dans le travers du “Only the best survive”.
Beaucoup de propos concernent l’apprentissage et la formation, c’est même un fil conducteur à travers presque tous les entretiens réalisés, autant l’édition 2006 semblait prôner les attentions au bien-être (mais celles-ci sont encore présentes dans le nouveau livre). De même, la responsabilité sociétale ou environnementale devient, selon de nombreux responsables ressources humaines qui témoignent dans les pages, un élément d’attraction de candidats et de cohésion du personnel. On s’aperçoit encore que la flexibilité salariale fait de plus en plus son apparition en lien avec la compétence et l’ancienneté de l’expérience ou comme gratification (via la participation aux bénéfices).
Un des grands défis relevés par plusieurs DRH concerne l’accueil et l’accompagnement des nouveaux collaborateurs et leur intégration au sein des équipes via un parrainage, ou des formations centrées sur la culture et les objectifs de l’entreprise. Outils pour dynamiser la productivité, formation, simplification aussi des structures hiérarchiques favorisant davantage l’insertion dans les projets et la relation interactive. Au fur et à mesure que la carrière évolue, apparaît aussi une attention plus soutenue à la mobilité interne, et l’ouverture vers l’expérience transnationale qui reste malgré tout, en Belgique, l’une des plus grandes difficultés.
De même, on remarque le souci réel des entreprises interrogées de faire s’élever et progresser leurs collaborateurs en variant leurs expériences, et les opportunités de formations offertes sont à cet égard certainement exemplaires par rapport à d’autres pays. Les conditions les plus positives d’environnement de travail et d’offres, aussi bien d’intervention dans les déplacements, que de flexibilité des horaires, visent également à endiguer le plus possible des problématiques comme l’absentéisme et la démotivation, questions que, apparemment, beaucoup de DRH interrogés ont réussi à circonscrire de façon significative par davantage d’outils de motivation et de satisfaction, mais aussi de clarté dans la communication des objectifs.
C’est d’ailleurs peut-être l’élément le plus marquant cette année dans cette photographie des pratiques positives d’entreprises, le marketing en ressources humaines stimule des outils et concepts de communication qui aident à développer une approche plus informative et plus attirante pour leurs collaborateurs actuels et futurs. Une preuve qu’elles veulent s’inscrire dans la durée et qu’elles tablent effectivement beaucoup sur la stabilité et la confiance de leurs travailleurs, autant que sur leurs talents.
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| Tout est dans le caractère |
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Auteur: Dominique Monami, Alain Goudsmet |
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Maison d’édition: Lannoo |
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ISBN: 9020970704 |
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Prix: 19,95 euro |
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Un fighting spirit qui s’expose
Première joueuse belge de tennis à placer notre pays au Top niveau international, bien avant Kim Clijsters et Justine Henin, Dominique Monami, sportive à la ténacité légendaire, revient sur le devant de la scène médiatique avec un livre au titre juste “Tout est dans le caractère”.
Dominique Monami (37) fut la première joueuse de tennis belge à entrer dans le top 10 mondial. Qui, à l’époque, n’a pas vécu la tension de ses grands matches contre Martina Hingins ou encore contre Monica Seles? Mais Dominique, c’est aussi et avant tout une femme de caractère, se battant à chaque fois jusqu’au bout pour atteindre ses objectifs. Sa philosophie, le “fighting spirit”, l’a emmenée vers des cieux tennistiques que son physique ne laissait présager.
Aujourd’hui, Dominique Monami travaille comme coach au Mentaly Fit Institute, avec Alain Goudsmet, président de l’institut. Une rencontre qui produit un livre plus vaste qu’une simple autobiographie. Sa philosophie et son histoire sont décortiquées dans ce livre où se mêlent le journal intime d’une femme sensible, mais au caractère trempé, à la biographie d’une championne de tennis.
Gants de velours pour poignée de fer
Ce livre touchant par son écriture simple et honnête retrace donc toute l’histoire de Dominique. Elle y aborde son enfance, à Verviers, avec ses parents, ses premiers tournois, sa première raquette, les sensations de ses premières victoires.
Au fur et à mesure des pages, on découvre une Dominique déterminée, au caractère d’acier certes, ne doutant pas, mais percevant néanmoins l’hostilité du monde. Il est vrai que le monde du tennis n’est pas tendre et que, lancés si jeunes sur le chemin de la gloire, les sportifs en herbe rencontrent moult embûches, ne laissant qu’une poignée d’entre eux franchir la ligne d’arrivée. Dominique commente ses matches les plus durs, sa préparation, ses pensées, la recherche de motivation. Une série de photos noir et blanc complètent la narration des matches, des moments que les fans revivront avec plaisir.
Pour les fans de tennis, ce livre est une occasion unique de parcourir la carrière intense de Dominique. Après une première sélection nationale tardive à 16 ans, l’aventure sportive de haut niveau de Dominique commence: une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Sydney, en double avec Els Callens, arrachée après une longue lutte contre Zvereva et Barabanschikova, ou ce galvanisant tournoi de Filderstadt, où Dominique remporte coup sur coup une victoire face à Venus Williams et face à la numéro un mondiale, Martina Hingins, en quart de finale. Puis il y eut l’Australian Open, tournoi où elle atteignit deux fois les quarts de finale en 97 et 99. Et ces magnifiques matches de Fed Cup, avec la demi-finale jouée à Nice face à la France, durant laquelle Monami a battu Yannick Noah. Bref elle a fait rêver le peuple belge au gré de ses coups de raquette.
Une persévérance à toute épreuve
“Je ne suis jamais entrée sur un court sans éprouver une certaine hargne”. Cette phrase de Dominique la résume à merveille. Cette obstination reconnue par tous l’a fait entrer dans le cœur de nombreux Belges et autres amateurs de tennis. Et c’est tout ce qui fait le charme de la championne belge, un caractère entier qui a su rester simple, attaché à des valeurs inculquées dès sa plus tendre enfance par ses parents.
Alors que, fréquemment, les joueuses de haut niveau quittent l’école prématurément pour se concentrer sur leur carrière de tenniswoman, Dominique, poussée par ses parents, concilie l’enseigne- ment secondaire général à un entraînement intensif de plus de 11 heures par semaine. Diplôme en poche à l’âge de 18 ans, qui plus est avec de brillants résultats, elle entame alors sa carrière professionnelle de tenniswoman. Ses débuts sont positifs et Dominique se classe directement dans le top 100, entre la 70ème et la 50ème place. A 24 ans, elle atteint alors le top 20 mondial et y reste pendant 3 ans, atteignant même la 9ème place.
Le monde du Tennis semblable au monde de l’entreprise?
Mais ce livre aborde tous les aspects de sa carrière. Ainsi, Dominique explique le monde du sponsoring made in Belgium avec ses quelques pas de travers, le made in U.S.A. avec la célèbre campagne internationale dans laquelle elle est l’égérie de la marque à la virgule à l’envers. Les coulisses du tennis et du monde du sport en général sont aussi mis en lumière. Le sponsoring, la publicité, l’après-carrière, le networking, tous ces composants peu perçus par le grand public, et d’habitude peu expliqués, sont ici présentés avec des mots simples et honnêtes. Sans être transcendante, son histoire et sa vision du monde du tennis permettent de comprendre certaines structurations sociales que l’on retrouve tant en entreprise que dans le monde sportif de haut niveau.
Dans ce livre, Alain Goudsmet rebondit sur les textes de Dominique pour décortiquer certains mécanismes du développement personnel, de l’effort du travail, des thèmes que l’on retrouve dans le monde professionnel. Alain Goudsmet, coach sportif pendant plus de 20 ans pour les fédérations de tennis et de hockey, explique ses théories relatives au développement du talent, l’apport de l’inné par rapport à l’acquis, l’impact du caractère et de la personnalité, des thèmes abstraits auxquels le coach professionnel apporte son savoir.
Dominique Monami a trouvé une reconversion professionnelle, intégrée dans le monde de l’entreprise, grâce à laquelle elle peut enseigner son “fighting spirit” aux athlètes du business.
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| Strategies of the Serengeti |
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Auteur: Stephen Berry |
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Maison d’édition: Neos Publishing, 2006 |
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ISBN: 978 095534980 x |
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Prix: 48 euro |
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Stratégies d’entreprise inspirées des animaux
“Strategies of the Serengeti” traite à la fois du règne animal et de la vie d’entreprise. La frontière entre ces deux mondes est en effet plus mince qu’on le pense. Le “Serengeti” est un gigantesque parc naturel qui s’étend en partie sur le Kenya et sur la Tanzanie et qui abrite une faune et une flore variées: la savane y alterne avec des lacs, des rivières, des marais et des forêts. Le parc tient son nom des Masaïs et signifie “l’endroit où la terre court sans fin”, ce que l’on pourrait d’ailleurs dire également de l’économie actuelle.
La population animale a élaboré des stratégies, différentes d’une espèce à l’autre, dans le but d’assurer sa survie. L’auteur Stephen Berry sait comment la vie suit son cours au Serengeti et estime qu’il y a des leçons à en tirer pour l’entreprise. Les animaux ont en effet l’art de tirer parti de leurs points forts et de protéger leurs points faibles contre toute menace éventuelle. L’auteur a sélectionné quelques animaux et a analysé leur comportement afin de mettre en lumière pour chacun d’eux, et développer plus avant, un élément d’une importance cruciale pour la stratégie de l’entreprise. Même si la tentative n’est pas toujours aussi aboutie, l’auteur réussit néanmoins à montrer des parallèles entre le comportement des animaux au Serengeti et la stratégie d’entreprise. Une belle illustration est l’analyse du comportement des zèbres, que nous nous proposons d’approfondir ici.
La force de cet animal relativement vulnérable réside dans sa faculté à appréhender les dangers de différentes manières. L’auteur décrit cette stratégie à l’aide des “cinq F”: fight, flight, flock, freeze, frolic. “Fight” signifie se battre: les zèbres ne sont pas de véritables bagarreurs, mais sont capables d’estimer s’ils pourront se mesurer à un adversaire potentiel. Si tel est le cas, ils engageront la lutte. D’après l’auteur, les animaux ne s’attaquent jamais à un adversaire s’ils ne se sentent pas de taille à le faire. Ils préféreront adopter une autre stratégie. Il est d’avis que l’entreprise peut tirer les enseignements de cette attitude, car la première réaction y est précisément la lutte, sans véritable analyse préalable de la situation. Le zèbre, en revanche, évalue son adversaire.
“Flight” signifie fuite. Dans le monde de l’entreprise, la fuite ne semble présenter aucun intérêt stratégique. Pourtant, il arrive parfois que la fuite constitue bel et bien une stratégie et soit même une preuve de courage. L’auteur illustre ses propos par des exemples pratiques et détaillés. Pour ce cas précis, il évoque Carrefour, qui s’est retiré de la Grande-Bretagne dans les années ‘70 parce qu’à l’époque le pays n’avait aucune expérience des grandes surfaces et n’était pas prêt pour cela. Carrefour a alors compris qu’il était en train de perdre son temps.
“Flock” signifie se réunir en troupeau et, en termes d’entreprise, renvoie évidemment aux reprises et aux fusions. Berry attire l’attention sur le fait que ces opérations doivent reposer sur une vision à long terme et que les différents composants de l’ensemble doivent en tirer profit. Dans le cas contraire, le principe du troupeau ne pourra produire les effets escomptés. Les zèbres utilisent leur apparence très caractéristique: si un danger menace, ils se regroupent si bien que, dans cet ensemble confus de zébrures, leur agresseur a bien des difficultés à identifier un individu en particulier.
S’arrêter et prendre le temps de saisir la situation, tel un arrêt sur image auquel renvoie le terme “freeze”, est également une stratégie à laquelle les zèbres sont rompus. Cet arrêt sur image ne peut durer qu’un bref instant, mais offre cependant le laps de temps nécessaire pour prendre la bonne décision. Si on opte pour la fuite, il permet en effet de mieux savoir de quel côté s’enfuir. Ainsi, les zèbres savent que si le danger vient du nord, cela n’exclut pas pour autant une menace à l’est. La première menace peut être une manœuvre de diversion destinée à détourner l’attention d’une deuxième menace plus grande. Les lions sont, entre autres animaux, connus pour pratiquer des stratégies de chasse de ce type. Les zèbres en sont conscients et agissent donc de façon réfléchie en situations de crise. L’auteur fait un rapprochement détaillé et intéressant avec la lutte concurrentielle entre Coca-Cola et Pepsi, et leur positionnement dans le monde arabe.
Le cinquième “F”, du mot anglais “frolic” signifiant débandade, peut être difficilement assimilé à une stratégie: il renvoie en effet à une dispersion des animaux dans tous les sens lorsque ceux-ci ne sont pas en mesure d’évaluer convenablement la menace. Cette attitude induit beaucoup de mouvements, mais peu de changement. Dans le monde de l’entreprise également, on observe ce genre de comportement: des entreprises en difficulté procèdent bien souvent à une réorganisation et/ou au remplacement de leurs cadres supérieurs alors que, dans le fond, ces mesures ne changent rien à la situation.
Après les zèbres, l’auteur passe en revue un nombre respectable d’autres animaux dont les comportements sont transposés dans le monde de l’entreprise. “The Strategies of the Serengeti” est un ouvra- ge passionnant, qui donnera au lecteur matière à réflexion sur la base de comparaisons originales avec la gestion d’entreprise; il dévoile au passage quelques approches méthodologiques et quelques curiosités amusantes sur le monde animal. Stephen Berry y présente les résultats d’une étude approfondie, sans tomber dans les approximations.
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Auteur: Loïck Roche |
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Maison d’édition: Editions d’Organisation |
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ISBN: 2-7081-3698-4 |
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Prix: 18 Euros |
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Les cœurs à l’ouvrage!
Trop tard sans doute pour la St Valentin, mais d’application toute l’année fiscale, l’ouvrage assez réjouissant de Loïck Roche, par ailleurs professeur en école supérieure et conseiller de DRH se penche sur une réalité récurrente, mais peu exprimée de la vie au travail... l’Amour entre collègues!
Attention, il ne s’agit pas de se pencher de manière égrillarde sur les pratiques douteuses du harcèlement sexuel ou de la “promotion canapé”. Non, l’auteur postule seulement qu’à partir d’un certain nombre de collègues qui vivent en commun une durée moyenne de carrière dans la même organisation, les liens entre collaborateurs peuvent revêtir des aspect plus ou aussi passionnels que professionnels. Et pour lui, il n’y a rien à redire à cela, c’est une des lois immanentes de la vie en société. Plus encore, il y voit une stimulation positive, non seulement des sens pour les Roméo et Juliette de nos organisations, mais aussi pour leur dynamique et leur productivité.
Loïck Roche associe à sa réflexion un théorème qui vaut ce qu’il vaut, il précise d’ailleurs que sa “loi de cupidon” est indicative et non prédictive. Mais son postulat permettra à chacun de se livrer à ses petits calculs pour évaluer non plus seulement “qui est avec qui?” dans son entreprise, mais “combien ont pu ou pourront être avec combien?” De quoi alimenter les spéculations et rumeurs dans les couloirs avec, cette fois, une base statistique.
Il est amusant de considérer en effet qu’en fonction du nombre moyen d’employés dans une société, de leur répartition par sexes et en tenant compte d’une durée de présence moyenne de sept ans par employé, on peut arriver à évaluer qu’un collaborateur aura connu sur cette période au minimum deux relations affectives et sexuelles (consenties, bien sûr) avec l’une ou l’un de ses collègues. Et forcément, plus l’entreprise compte de collaborateurs, et plus la durée de carrière commune dans le même groupe est longue, plus l’employé aura de chances de connaître plusieurs partenaires et/ou aventures sentimentales.
L’auteur ne prend en effet en compte que ce qui doit être considéré comme une relation sexuelle et affective consentie entre deux êtres qui se côtoient quotidiennement dans les mêmes sphères professionnelles. Il relève également que le lieu où ils passent tout de même une grande partie de leur existence, permet à deux êtres qui vivent une liaison un champ d’action et de vie qu’on peut comparer à un “no man’s land” entre leur existence privée, et souvent conjugale, et leur vie strictement professionnelle, à savoir les activités productives contractuelles auxquels ils se livrent par ailleurs dans leurs bureaux. Pas de morale ni de jugement dans ce constat, il est une réalité avec laquelle l’auteur compose, pour développer son propos.
N’en déplaise cependant à celles et ceux qui se trouvent assez bas dans la hiérarchie, Loïck Roche observe également que plus on est à un grade élevé dans l’organisation, plus on a de chances de séduire le ou la subalterne de ses rêves, prestige de la fonction ou de l’autorité oblige. 80% des relations intimes nouées entre deux collaborateurs sont le fait des 40% de personnes qui possèdent un certain pouvoir dans l’entreprise. Pour illustration, l’auteur rappelle à propos que Bill Gates a connu son épouse Melinda alors qu’elle était product manager dans son entreprise.
Pour autant, les principes qui régissent la “loi de Cupidon” ne souffrent pas de provocation et ne constituent aucunement une autorisation d’abuser d’une situation.
Le premier principe s’intitule d’ailleurs “Rien ne sert de courir”.
Il faut en effet rencontrer suffisamment de personnes sur son lieu de travail et pendant suffisamment de temps avant qu’une inclinaison et une attraction réciproques ne débouchent sur une relation digne de ce nom. Ce qui donne lieu à une étude assez comique sur les relations formelles (personnes avec qui l’on est en contact régulier et obligé dans son travail) et informelles (collègues que l’on croise plus fortuitement avec qui l’on partage d’autres contingences que professionnelles) et le nombre d’échanges que l’on peut avoir avec ces dernières: cinquante bonjours, trente lectures de mails, entre cinq et dix appels téléphoniques, trois partages de cafés avec trois ou quatre collègues d’autres services en moyenne dans une entreprise de deux cent personnes.
Laissez-vous le plaisir de découvrir l’ensemble des analyses livrées ici, sur base d’une bonne dose de suppositions analytiques, mais aussi à l’aide de nombreux témoignages, et retenez en tous cas au-delà d’une thématique un brin racoleuse, que Loïck Roche se livre surtout dans son approche à une très intéressante et intelligente analyse des relations humaines en général qui animent l’entreprise, la font vivre, et surtout s’épanouir quand elles sont valorisantes et positives pour tous ses acteurs.
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| Mobilité des travailleurs: opportunité ou menace? |
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Auteur: Federgon (réd) |
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Maison d’édition: Federgon 2006 |
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Prix: gratuit |
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Mobilité du travail ou du travailleur?
Depuis deux ans, Federgon propose une rencontre annuelle dédiée spécifiquement à une question RH. Et après un premier colloque sur l'outsourcing, cadrant bien à avec ses prérogatives, la Fédération a choisi en 2006 le thème de la mobilité, à la faveur de l'Année Européenne instaurée sur ce thème.
Il ressort du colloque réunissant plusieurs acteurs des RH un intéressant opus reprenant les acteurs de cette réunion et qui pose sous la question "Mobilité: menace ou opportunité" plusieurs visions complémentaires de ce que sont la mobilité externe et interne, de la réalité de la mobilité des travailleurs en Europe, et de la nécessaire intégration d'une politique encourageant cette mobilité dans la responsabilité des Directeurs Ressources Humaines, grâce au témoignage de plusieurs d'entre eux.
La vision positive de la mobilité est un concept relativement récent rappellent plusieurs intervenants, aussi bien dans une vision de promotion et de mouvement interne lié au plan de carrière, à l'intégration au sein de l'organisation, à la gestion des compétences, qu'au souhait des individus eux-même de pouvoir "bouger" et devenir ce qu'on a appelé à l'aube des années 80' des travailleurs nomades.
Un constat néanmoins, relevé par Ann Gevers et Anneleen Peeters de Idea Consult dans leur étude "radiographie de la politique de recrutement et des flux de travailleurs" pour le colloque: la valorisation de la mobilité représente une réelle ambivalence. D'une part il apparaît très positif de bien gérer et cordonner les flux entrants et sortants de l'entreprise, de manière à ce qu'elle profite de l'enrichissement des connaissances de ses collaborateurs au contact d'autres entreprises et réalités économiques. Mais d'autre part, la rétention des talents reste aussi un enjeu majeur et demande une affectation assez valorisante pour éviter que les collaborateurs n'aillent de façon trop systématique "voir ailleurs" si l'herbe est plus verte.
Et Idea Consult de recommander à ce propos l'appui d'acteurs professionnels externes, à même d'aider l'entreprise à détecter les talents à retenir ou à stimuler dans la recherche d'expériences multiples (aussi bien en interne qu'en externe) et à anticiper les besoins de personnel qualifié et de mouvements à opérer dans le temps. L'organisme remarque à ce propos qu'aujourd'hui tant pour les travailleurs que pour les organisations, le marché lié à l'emploi offre de nombreuses possibilités de varier ses expériences et enrichir sa carrière, et d'offrir aux organisations un éventail de plus en plus large de conseils et de politiques de valorisation des talents et de développement des compétences nécessaires à leur succès.
Côté mobilité géographique par contre, force est de constater à la lumière de l'Année Européenne de la Mobilité, que les travailleurs de l'Union restent encore assez timorés à l'idée d'aller chercher fortune et expertise dans d'autres pays que le leur. Sans doute, via la plate-forme EURES notamment, cette année thématique a-t-elle permis une sensibilisation plus large des travailleurs et des entreprises. Mais l'idée maîtresse d'une promotion de la mobilité géographique au sein de l'Union qui est de mieux équilibrer le marché du travail, et notamment les fonctions critiques par l'apport de travailleurs d'autres pays, reste encore à stimuler davantage.
Jimmy Jamar, coordinateur de l'Année Européenne de la Mobilité souligne plusieurs freins à plus de fluidité dans les déplacements de travailleurs au sein de l'Union: tout d'abord le manque d'harmonisation des politiques sociales et d'emploi, les difficultés liées aux différentes langues parlées, les conditions d'accès au logement et d'intégration pour les migrants, ajoutons-y les protectionnismes politiques ambiants présents dans de nombreux pays membres. Or, c'est justement cette mobilité intra européenne qui selon, le coordinateur de cette année thématique qui peut non seulement amener la résolution de nombre de tensions dans le marché de l'emploi, mais, à terme, également, favoriser une meilleure implication de citoyens dans l'Europe, par leur confrontation au réalités des autres pays où ils peuvent relativement facilement s'installer et développer leur projet de vie. Jamar relève néanmoins un point optmiste: la promotion de cette Année Européenne de la Mobilité aura permis une sensibilisation plus large des citoyens aux possibilités de trouver un emploi ailleurs dans l'Union. Il en veut pour preuve les initiatives déjà développées au sein de plusieurs états ou régions qui ont organisé en 2006 des bourses à l'emploi européen pour leurs actifs.
Claire de Brier, responsable de l'unité de formation et recherche en ressources humaines à l'Ichec, pose un diagnostic précis à partir d'une réalité interpellante relevée par l'étude de Idea Consult: 56% des actifs qui quittent une entreprise le font de leur propre initiative et on pas suite à une décision de l'employeur. Cela pose question en terme de gestion intégrée des flux entrants et sortants de l'organisation et d'une politique adaptée en GRH pour mieux anticiper les équilibres indispensables en termes de recrutements, de rétention par la formation continue et le développement de carrière, en termes de bien-être et de valorisation au travail également. Claire Brier relève ainsi que les systèmes de gestion de compétences actuellement en vigueur mettent davantage l'accent sur les titulaires de fonctions et leurs compétences que sur la fonction elle-même. Cela crée ainsi un style de mobilité axé davantage sur différentes familles de métiers dans lesquelles s'insère le concept de mobilité, mais sans permettre aux individus de varier dans différents champs de compétences. Ceci entre en opposition avec l'évolution constatée des carrières nomades dans lesquelles les individus prennent de plus en plus leur choix de carrière de façon autonome et indépendante des organisations. Cela implique qu'il faut désormais apprendre à gérer de nouveaux mode d'intégration et de gestion de carrière dans l'entreprise qui tiennent compte du nomadisme croissant des collaborateurs et de leur relativisation de la frontière entre importance de leur développement personnel et professionnel.
Difficile évidemment d'aborder toutes les réflexions et pistes évoquées dans cet ouvrage très pratique et vivant. Retenons tout de même parmi les témoignages et analyses, les quotidiens vécus par les DRH de Fortis, du SPF Finances, et de GSK Bio qui constatent dans leurs univers, des éléments de résistance à la mobilité dus à des facteurs aussi divers que la qualité de l'environnement de travail et l'intérêt de leur fonction, qu'à des problématiques plus concrètes de proximité avec leur lieu de vie, ou de perspectives de devoir expérimenter un moment de carrière à l'étranger. La réflexion par rapport à ces réalités est en cours, mais de leur aveu même, personne n'a encore trouvé la solution pour faire "bouger le monde" en fonction d'intérêts convergents entre les intérêts en mutation de l'entreprise et les envies du travailleur.
Mobilité des travailleurs: opportunité ou menace? Actes du Colloque RH de Federgon 2006.
Federgon, avenue du Port, 86C - Bte 302, 1000 Bruxelles.
Tél: 02/203.38.03. www.federgon.be
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| Building A Values-Driven Organization (A Whole System Approach To Cultural Transformation) |
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Auteur: Richard Barrett |
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Maison d’édition: Butterworth-Heinemann, 2006 |
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ISBN: 0750679743 |
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Prix: 31,15 euros |
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Le dynamisme culturel des entreprises
En guise d'introduction à son ouvrage "Building A Values-Driven Organization") (La (Les) valeur(s) de mon entreprise. Modifier/créer une culture d'entreprise), Richard Barrett indique que les méthodes et les technologies traitant de la transformation culturelle existent en abondance, mais que celles-ci sont le plus souvent utilisées isolément. Les tentatives visant à les marier sont peu nombreuses. L'auteur part du principe que les entreprises les plus florissantes au monde sont dirigées sur la base d'une vision et tentent de réaliser des valeurs. Ses recherches dans ce domaine ont été très poussées. Il distingue sept niveaux de conscience, tant le plan personnel que sur le plan collectif. C'est ainsi que les premiers niveaux, inférieurs, sont axés sur la survie, alors que les niveaux supérieurs ont trait à la différenciation par rapport aux autres et à l'apport d'un sens. Il applique ces niveaux de conscience au monde de l'entreprise et constate que les entreprises qui maîtrisent ces sept niveaux de besoin "opèrent alors en toute conscience". L'auteur identifie au sein de cette catégorie les entreprises les plus dynamiques et les plus rentables.
Le lien avec la culture est rapidement établi: la culture est le reflet de la personnalité du (des) dirigeant(s). La transformation organisationnelle débute également par la transformation personnelle des dirigeants. Définir la valeur individuelle et la valeur de la direction sont deux auxiliaires essentiels pour les dirigeants à l'heure de modifier leur comportement.
A ce propos, Barrett a étudié bon nombre d'entreprises et a ainsi pu définir une série de règles quasi incontournables. Règle n°1: une entreprise ne peut opérer à un niveau de conscience supérieur à celui caractérisant le groupe de ses dirigeants. Règle n°2: la culture d'une entreprise est le reflet de la conscience individuelle caractérisant le groupe des dirigeants (consciemment ou inconsciemment) ou un héritage du groupe de dirigeants précédant. Règle n°3: la plupart du temps, les entreprises opèrent selon une culture normalisée, car celle-ci s'implante de manière inconsciente. La culture n'est ni gérée, ni maîtrisée, ni même considérée comme "la manière dont nous abordons les choses en interne".
Nombre de dirigeants ne possèdent pas les aptitudes nécessaires à la création de la culture qu'ils souhaiteraient et ne se rendent pas compte qu'ils peuvent modifier la culture existante en modifiant leur comportement collectif. Dès lors, une formation en modification du système entier et en transformation culturelle peut s'avérer nécessaire. Le livre aborde toute une série d'erreurs commises par les programmes de transformation culturelle et de causes d' "entropie" culturelle (c.-à-d. l'énergie consacrée au sein de l'entreprise à des activités non productives).
En outre, l'introduction d'une "gestion de la valeur" peut aider à évaluer les comportements individuels et collectifs que renferme l'entreprise. Cette gestion de la valeur peut contribuer à l'amélioration des prestations et de la durabilité.
Barrett décrit cette gestion de la valeur comme le processus dans lequel l'entreprise évalue des signaux indicateurs de prestation causale, les surveille et y réagit. Cela s'effectue de telle manière que la culture d'entreprise et le mode d'exercice de l'activité sont ajustés afin de pouvoir continuer à offrir des prestations de haut niveau et réaliser les objectifs définis. La gestion de la valeur vérifie dans quelle mesure sont remplies les quatre conditions nécessaires à l'obtention des prestations de haut niveau. Ces quatre conditions sont les suivantes: (1) la concordance individuelle: les valeurs et les certitudes de l'individu correspondent à ses actes et à ses comportements; (2) la concordance des valeurs: les valeurs de l'individu correspondent à celles du groupe; (3) la concordance de la mission: l'idée que se fait un individu de son objectif ou de sa mission correspond avec l'objectif que le groupe lui a assigné; (4) la concordance structurelle: les valeurs et les certitudes du groupe correspondent à ses actes et à ses comportements, comme cela s'illustre à travers les règles collectives, les législations, les processus et les cultures de gestion.
Lorsqu'une concordance se dégage dans chacun de ces quatre domaines, l'entreprise est fort proche de son apogée. Dans le cas contraire, l'entreprise s'engage sur la voie du dysfonctionnement et les efforts de la direction se portent sur la poursuite de l'intérêt personnel (concurrence interne, démonstration de force, etc.). A son tour, l'énergie des collaborateurs se dissipe dans la bureaucratie, le cynisme et la recherche de la maîtrise.
Au final, ce modèle des sept niveaux de conscience doit permettre la bonne compréhension de la concordance des valeurs. C'est pourquoi il propose un cadre incontournable au dynamisme culturel des entreprises. Or, dans un monde (de l'entreprise) de plus en plus complexe, ce dynamisme s'apparente à une condition essentielle au succès. Avec son ouvrage " Building A Values-Driven Organization", Richard Barrett expose tout ceci de remarquable façon, essentiellement parce qu'il offre une perspective neuve et captivante à l'approche des thèmes de la culture d'entreprise et du changement de culture.
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| Talent en action. Comment aiguiller votre carrière et votre vie dans la bonne direction? Un manager témoigne |
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Auteur: Georges Anthoon |
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Maison d’édition: Lannoo, 2006 |
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ISBN: 978 90 209 6936 8 |
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Prix: 24,95 euro |
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Talent en action
La citation de Jane Fonda, qui constitue l'amorce de l'ouvrage intitulé "Talent en action", résume parfaitement le thème qui sera abordé tout au long des 250 pages qui le composent: "J'ai d'abord tenté ma chance en tant que secrétaire mais j'ai très vite été licenciée. Je ne répondais apparemment pas aux attentes. Quelques mois plus tard, je me suis inscrite aux cours d'art dramatique de Lee Strasberg. C'est la première personne dans ma vie à m'avoir dit que j'avais du talent. Depuis ce jour, j'ai eu un but dans ma vie". Le ton est donné: il arrive que vous ne soyez pas conscient de vos talents, vous devez vous mettre en quête de vos propres capacités et de vos propres objectifs. Une espèce de coach ou de mentor est parfois nécessaire pour extraire le meilleur de vous-même, pour savoir quels sont vos points forts. Mais une fois que vous les connaissez, il s'agit de persévérer avec enthousiasme et sur la base d'un examen approfondi de la situation - c'est-à-dire sans toujours rester attentif à l'équilibre entre la vie professionnelle et privée. L'auteur Georges Anthoon, directeur des Ressources Humaines, de la Communication interne et de Building & Facilities chez Axa Belgium, se prévaut d'ores et déjà d'avoir trouvé pour lui-même le bon équilibre.
Dans la première partie de son ouvrage, l'auteur met l'accent sur la carrière professionnelle avec laquelle il met en parallèle une deuxième partie dans laquelle il se concentre sur la vie privée et l'importance de trouver un équilibre, une harmonie dans la vie. La troisième partie, beaucoup plus courte et en réalité un peu superflue, donne au lecteur une méthode pour y parvenir.
Les premiers chapitres sont surtout descriptifs: sur la base de son propre parcours professionnel et du pourquoi et du comment de ses choix de carrière, Anthoon livre au lecteur des avis et des conseils sur les éléments à prendre de préférence en considération lorsque l'on franchit une nouvelle étape dans sa carrière. Cela confère à l'ouvrage une petite ambiance quelque peu carriériste et arriviste. Mais cette tendance s'atténue progressivement et fait place à des idées intéressantes en matière de people management, de coaching des collaborateurs, de découverte et de développement de talents. Dans la deuxième partie du livre, l'auteur poursuit sur sa lancée et continue à voguer sur la frontière - parfois délicate - entre des idées et conseils en général d'une part et des expériences personnelles et leçons de vie d'autre part.
Georges Anthoon est convaincu que celui qui ne fait pas régulièrement un pas en arrière pour un peu souffler et/ou prendre de la distance, ne récupère pas et devient à la longue une caricature de lui-même. Il convient d'atteindre un équilibre entre le corps et l'esprit. Un dirigeant qui atteint cet équilibre est à la fois 'connected' et 'balanced'. Le premier qualificatif se réfère au lien nécessaire avec l'équipe et le second implique que le dirigeant garde la tête froide en période de crise. Pour les collaborateurs, il n'y a rien de pire que de voir leur chef d'équipe ne pas réussir à rester calme à des moments cruciaux, argumente Anthoon. Un chef doit, d'après lui, être en mesure de prendre de bonnes décisions, de développer son équipe et d'engranger avec elle de bons résultats. C'est la clé du leadership. Celui qui ne se sent pas bien dans sa peau ne prend jamais la bonne décision en période de crise. Et alors, il ne sait pas non plus prendre le temps de développer des talents car il est trop occupé à tout contrôler - par peur et par manque d'assurance. Il harcèle alors son personnel et ne parvient donc pas à être 'connected', et la boucle est bouclée. En d'autres mots, celui qui n'a pas trouvé le juste équilibre entre vie privée et vie professionnelle, évoluera moins loin que celui qui l'a trouvé. Un footballeur qui se sent mal dans sa peau ne fait pas un bon match.".
Anthoon se demande pourquoi la fonction qui consiste à diriger des gens est devenue un vrai business. Pourquoi les formations de 'people management' sont-elles si prisées? Pourquoi faut-il apprendre ce genre de choses aux gens? C'est pourtant simple, estime-t-il: "Il faut juste être capable de discuter avec autrui. Voici un exemple tout simple: comme je suis aussi responsable de Building & Facilities, je passe régulièrement dans l'atelier pour discuter le coup avec les ouvriers. Ils apprécient énormément ce contact et il n'en faut souvent pas plus pour rester 'connected'. Cependant, le problème est qu'une fois qu'ils occupent une fonction dirigeante, les gens pensent qu'ils doivent changer. Il n'y en a que très peu qui savent rester eux-mêmes."
Le moins qu'on puisse dire à propos du livre "Talent en Action", c'est qu'il s'agit d'un ouvrage assez divertissant. Le fait que l'auteur Georges Anthoon s'inspire en majeure partie de ses propres expériences et motivations et que son récit est truffé d''apartés', d'anecdotes illustratives de collègues, collaborateurs et amis, rend l'ouvrage agréable à lire.
La valeur du livre se situe surtout au niveau de sa diversité. Il va bien plus loin que le thème du développement réfléchi d'une carrière: son récit personnel ouvre la voie à toute une série de thèmes comme le développement de carrière et de talents, le leadership, l'équilibre entre la vie privée et professionnelle, la gestion du stress, etc. Et même si Georges Anthoon verse souvent dans des visions que l'on connaît déjà et qui nous sont familières et n'apporte en cela rien de réellement nouveau - il ne le prétend d'ailleurs pas non plus -, le lecteur n'a pas le sentiment de fouler des sentiers battus.
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Auteur: Stuart Crainer |
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Maison d’édition: Prentice Hall, 2006 |
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ISBN: 90 5261 529 2 |
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Prix: 34,95 euros |
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"Key Management Ideas", tel est l'intitulé de cet ouvrage de très grande valeur qui aborde les théories du management ainsi que les évolutions en la matière. Le livre présente une structure thématique et donne la parole aux grands penseurs et/ou gourous du management (ce n'est pas nécessairement la même chose) en fonction de leur pertinence dans le thème abordé. Mais non content de brosser un tableau complet de la pensée en matière de management, cet ouvrage introduit également à intervalles réguliers des réflexions critiques et apporte, parallèlement à des informations à la fois passionnantes et très sérieusement étayées, une vision globale du management.
Dans son introduction, l'auteur fait d'emblée preuve de relativisme: la sensibilité des managers aux tendances de la mode persiste depuis déjà longtemps et ils sont sans cesse en quête de nouvelles aptitudes et solutions pour des problèmes toujours récurrents. "L'industrie de la mode est une réalité et ceux qui en profitent le plus, ce sont les consultants en management et les écoles de commerce. L'auteur ne manque pas d'audace pour commencer de la sorte un ouvrage sur les gourous du management. Cette entrée en matière définit aussi le contexte dans lequel l'auteur construit son œuvre: il reconnaît la valeur des penseurs et des tendances en management et esquisse, en témoignant d'un sens aigu de la nuance, l'importance, le contexte, les avantages et les points faibles.
Voici quelques-uns des thèmes que l'auteur s'est attelé à traiter en profondeur: de l'ère des machines à l'ère de l'information (avec entre autres l'apparition et le déclin du Taylorisme et le rôle joué par le "prophète du changement" Peter Drucker), l'apparition de l'organisation fonctionnelle, l'organisation virtuelle, la stratégie considérée comme le Graal sacré (avec entre autres le rôle joué par Henry Mintzberg), la naissance des "human resources" (avec Tom Peters), l'empowerment (avec Rosabeth Kanter Moss), la gestion de talents, la découverte de la qualité, le leadership, l'apprentissage et la formation (avec entre autres Chris Agyris), la gestion mondiale (avec Fons Trompenaars),...
Pour Crainer, la théorie est une chose et la pratique en est une autre, étant entendu certes que les deux sont intimement imbriqués. Cela paraît évident mais ce n'est pourtant pas souvent le cas dans la réalité. C'est notamment la raison pour laquelle cet auteur écrit qu'il est préférable de ne pas étudier le management dans des écoles de commerce lointaines mais bien dans la pratique. "Les décisions que prennent les managers reposent en effet sur un mélange d'intuition, d'expérience et d'analyse. Vu que l'intuition et l'expérience ne sont pas mesurables, d'aucuns seront fort tentés d'attacher trop d'importance au côté analytique du processus décisionnel, et donc à la science plutôt qu'à l'art mystérieux", déclare l'auteur.
Il souligne aussi que l'on abuse parfois des théories pour pouvoir un peu mieux vendre. Dans le chapitre consacré plus particulièrement au reengineering, il déclare ainsi que les entreprises qui prétendaient faire du reengineering, utilisaient surtout ce terme pour présenter une opération de dégraissage purement économique comme un nouveau concept de management, ce qui a accru les chances d'acceptation.
Les managers partaient également du principe que tout ce qui ne pouvait pas être analysé ne pouvait pas non plus être géré, même si une analyse efficace ne répond en aucun cas d'une mise en œuvre efficace ou correcte. On distingue en effet deux problèmes fondamentaux qui interviennent dans la fiabilité des analyses. Premièrement, tout porte sur la technique. Une analyse est vide et dénuée de tout côté humain. Et même dans cette ère technologique, un management inhumain est une contradictio in terminis. Deuxième problème: l'analyse forme un cercle qui se ferme sur lui-même. Les gens pensent que la multiplication des analyses va déboucher sur des solutions de plus en plus sûres. Si l'analyse est insuffisante, le manager se sent coupable et fait encore davantage d'analyses.
L'un de ces modèles théoriques typiques est l'organisation virtuelle qui, même si le côté théorique s'inscrit parfaitement dans ce cadre, brille surtout par son absence. La vie de bureau avec ses rituels sociaux, l'élément humain et la politique d'entreprise, continue en effet à exercer un important pouvoir d'attraction.
A la fin du vingtième siècle, les méthodes et structures d'entreprise traditionnelles ont néanmoins fait l'objet d'une remise en question. Une importance grandissante a été accordée aux entreprises qui réussissaient à tirer un maximum de leurs collaborateurs. Le service du personnel s'est mué en service des ressources humaines et les spécialistes RH se sont vu de plus en plus conférer le rôle d'accompagnateur du changement, de conciliateur et de figure centrale qui donne corps aux valeurs dans l'entreprise. Le type de leadership a connu lui aussi et connaît encore une profonde évolution, qui fait également l'objet d'une approche bien documentée dans l'ouvrage - dans ce contexte, l'interprétation de Manfred Kets de Vries est une évidence. La nature du leadership dépend aussi fortement de nouvelles formes d'organisation comme le travail d'équipe et l'empowerment.
Les divers thèmes et points de vue se fondent ainsi l'un dans l'autre et sont chaque fois traités de manière bien documentée. L'auteur fait ainsi éclore une œuvre extrêmement nuancée et puissante qui brosse un tableau concis de l'histoire et de l'évolution de la pensée du management. Voilà un ouvrage qui doit impérativement faire partie de votre bibliothèque.
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Auteur: Edward de Bono |
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Maison d’édition: Business Contact, 2006 |
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ISBN: |
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Prix:19,90 euros |
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Par analogie avec son célèbre ouvrage “Les six chapeaux de la réflexion”, Edward de Bono a écrit “Six Value Medals”. Le point de départ de l’auteur réside dans le fait que les habitudes de pensée traditionnelles ne tiennent pas suffisamment compte des valeurs. Notre habitude de pensée principale consiste à analyser des situations en vue d’identifier des circonstances standard et d’y réagir ensuite au moyen de réponses standard. Il s’agit d’un système très sérieux, mais qui comporte ses risques. Lorsque les circonstances changent, la réponse standard n’est peut-être plus valable, voire dangereuse. C’est la raison pour laquelle une échelle des valeurs s’impose, afin de déterminer si la réponse habituelle dans ce cas spécifique est encore valable.
Les valeurs influencent également nos décisions, bien que certaines personnes soient d’avis que prendre une décision est une question de logique. Mais ce n’est donc pas le (seul) cas. de Bono déclare: “La logique est utile pour trouver le chemin approprié conduisant à une destination. On peut même avoir l’impression que la logique décide de cette destination. Cependant, en définitive, ce sont les valeurs contextuelles qui décident.”
De plus, l’évolution de l’esprit du temps (économique) contribue également à l’attention soutenue accordée aux valeurs: au sein du monde des affaires, tant les compétences que les informations et les technologies modernes deviennent des “produits commerciaux”. Il devient de plus en plus difficile de distancer ses concurrents dans ces domaines. Dans ce contexte, l’importance des valeurs se développe considérablement.
De la même manière, il ne suffit pas qu’une personne soit qualifiée, informée et férue d’informatique. En effet, pour les employeurs, ces aptitudes tombent sous le sens. Si on veut faire carrière, on doit ajouter de la valeur à son profil.
Dans son livre, de Bono fournit un cadre pour la réflexion relative aux valeurs. Différents types de valeurs sont regroupées en catégories et se voient attribuer un nom de matière. L’avantage est que la réflexion relative aux valeurs, qui représente un thème complexe, est classifiée. En opérant une distinction entre les types de valeurs, il est possible de ne considérer qu’un seul type de valeur à la fois. Les six médailles sont toutes fabriquées à partir d’un matériau différent, constituant une métaphore pour le type de valeurs auxquelles il se réfère: la médaille d’or renvoie aux valeurs humaines, les valeurs qui influencent l’être humain. L’or désigne un matériau supérieur et les valeurs humaines représentent en fin de compte les valeurs essentielles, commente de Bono. Dans le contexte des “valeurs d’or”, on relève un grand nombre de valeurs négatives: l’angoisse, la discrimination, l’injustice. Le fait d’être épargné par celles-ci est en soi une valeur importante. La médaille d’argent renvoie aux valeurs organisationnelles. Celles-ci sont liées aux objectifs de l’organisation (par exemple, la rentabilité). Cette matière est associée à l’argent. Il s’agit par conséquent de valeurs qui se rapportent au fonctionnement, à la maîtrise des coûts. La médaille d’acier symbolise les valeurs liées à la qualité. L’acier doit être robuste. Les valeurs liées aux clients et les améliorations, notamment, sont visées par la médaille d’acier. Un conflit de valeurs peut surgir dans certains cas: c’est ainsi que des économies (valeurs “d’argent”) sont réalisées au détriment des valeurs liées aux clients.
La médaille de verre renvoie aux valeurs telles que l’innovation, la créativité et la simplicité. Le verre est un matériau très simple, fabriqué à partir de sable. Avec un peu d’imagination, on peut toutefois confectionner de très nombreux objets à base de verre. Les valeurs de la médaille de verre se rapportent donc entre autres au fait de se représenter ce que l’on pourrait créer. La médaille de bois renvoie aux valeurs environnementales, mais au sens large: l’impact sur l’environnement, sur la société, sur autrui. Ces valeurs se réfèrent aux personnes et aux aspects qui ne sont pas directement concernés. Le cadre de valeurs symbolisé par le bois traite des répercussions d’une décision et des actions envisagées à cet égard. La médaille de cuivre renvoie expressément aux valeurs liées à l’observation. Quel en est le sens? L’observation est réelle, même s’il ne s’agit pas de la réalité. Le cuivre ressemble à l’or.
Quelle est l’utilité de cette classification? Elle permet de délimiter plus clairement les valeurs et d’en dresser la liste. En d’autres termes, on bénéficie d’un aperçu de l’évaluation des valeurs présentes dans un domaine déterminé. Il ne suffit donc pas de savoir que les valeurs sont importantes, on doit être à même de les estimer et de les comparer afin de pouvoir en parler de manière pertinente et d’apporter des modifications éventuelles. Edward de Bono applique en d’autres termes la procédure qui l’a rendu célèbre: la systématisation de notre réflexion en vue de générer des résultats plus efficaces et plus rapides.
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| The politics of working life |
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Auteur: Paul Edwards & Judy Wacjman |
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Maison d’édition: Oxford University Press, 2005 |
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ISBN: 0 19 927191 7 |
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Prix: 37,18 euro |
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“The Politics of Working Life” est un ouvrage qui mérite une place importante dans la bibliothèque de tous ceux qui se préoccupent de la problématique du marché de l’emploi et de l’organisation. C’est avec une fiabilité et une minutie remarquables que les auteurs traitent d’un large éventail de thèmes sur l’emploi. En outre, ils dressent une analyse aussi bien d’expériences individuelles de travail, de processus dans les organisations que de contextes plus larges qui influencent ces processus. Dans un style hautement analytique et en même temps critique et méditatif, les auteurs parviennent parfaitement à rendre la complexité du marché de l’emploi et des organisations de travail qui ont subi et ne cessent de subir de nombreux changements. Voici une sélection des thèmes traités: l’équilibre entre le travail et la vie privée, les carrières, l’empowerment, le performance management, les processus décisionnels au sein des organisations, des marchés et des structures de marché, la globalisation.
Au début de l’ouvrage, les auteurs s’arrêtent longuement sur la notion de “travail”, qui est selon eux bien plus qu’une donnée économique. En effet, pour les employés, il ne s’agit pas simplement de la compensation financière qu’ils reçoivent pour leurs prestations: leur attitude face au travail est tout autant influencée par un ensemble varié de facteurs sociaux et culturels. Une tendance dans ce cadre est l’attention accrue pour l’équilibre entre le travail et la vie privée, qui est en grande partie due à l’apparition des ménages à double revenu. Les auteurs constatent à cet égard une forte différence entre les pays anglo-saxons qui, du fait de leur approche néolibérale, parviennent plus difficilement à un système de travail qui respecte l’équilibre entre le travail et la vie privée, et les pays scandinaves où l’attention réservée aux parents est intégrée dans l’approche du travail.
Dans un tel contexte en plein développement, les managers doivent parallèlement garder le contrôle et s’assurer de l’engagement et de l’implication des employés, ce qui représente un problème sociologique complexe. Et d’autant plus parce qu’au cours des dernières décennies une aliénation, qui suit l’évolution de l’industrialisation et de l’automatisation, s’est produite dans le processus du travail: ce qui a pour conséquence que l’homme dans le travail a de moins en moins d’impact sur le résultat et la destination d’un produit.
On ne sait pas immédiatement déduire si un lien peut ici être établi avec la diminution de la fidélité des employés par rapport à une entreprise. Les auteurs situent la cause de ce phénomène, ou du moins une partie de celle-ci, davantage chez les employeurs mêmes: ils attendent de plus en plus de leurs employés qu’ils travaillent de manière plus flexible et avec plus d’efficacité et qu’ils prennent eux-mêmes en main l’évolution de leur carrière. Il en résulte que la fidélité dans l’entreprise doit céder le pas face à une vision beaucoup plus individualiste sur la carrière.
L’ouvrage traite aussi amplement du phénomène des systèmes de performance management (PMS). Les auteurs y apportent quelques annotations. Ils indiquent ainsi que chaque PMS est le plus souvent dirigé et mené depuis le management, en supposant que l’organisation forme un tout unitaire. Les auteurs pensent toutefois que la contribution des employés est pour le moins souhaitable, surtout parce que le PMS est souvent présenté comme un instrument qui réfléchit les valeurs partagées. Ce qui est toutefois difficile s’il n’y pas d’implication systématique des employés, argumentent les auteurs.
Si la participation des employés est évoquée, le pas vers les processus décisionnels et la manière de concrétiser cela est rapidement franchi. L’ouvrage consacre un large chapitre sur ce thème. Les auteurs examinent notamment la mesure dans laquelle les décisions au sein des organisations sont le résultat d’un processus rationnel. Cela ne semble plus toujours être le cas: les décisions sont en effet influencées par certains mythes et hypothèses qui sont enracinés dans l’entreprise.
La manière selon laquelle les marchés sont construits et fonctionnent, n’est pas davantage une question de raison pure. Le livre accorde également une très grande attention à ce thème.
Quant à la globalisation, ce sujet pouvait encore moins être absent de cet ouvrage. Il est étonnant à cet égard que les auteurs insistent sur le fait que la globalisation n’est pas une force inévitable, mais bien un projet organisé. Ils émettent des réserves quant aux discussions polarisées sur la globalisation d’il y a quelques années, parce que les opposants faisaient fi des effets positifs incontestables de celle-ci. Mais les auteurs estiment simultanément que les contestations sont une bonne chose, car elles ont permis d’insérer certains aspects dans l’agenda de la globalisation, dont des conditions de travail dignes et le respect de l’environnement.
“The Politics of Working Life” donne une image exhaustive des mécanismes du travail dans une économie mondiale qui ne cesse d’évoluer considérablement. Outre le caractère très informatif, c’est surtout une vision méditative et intelligible qui ressort. Un ouvrage dont on ne peut se passer.
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| The Ape in the Corner Office: Understanding the Workplace Beast in All of Us |
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Auteur: Richard Conniff |
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Maison d’édition: Cyan Books, 2006 |
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ISBN: 1904879985 (paperback) |
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Prix: 24,16 euros |
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Dans l’ouvrage “The Ape in the Corner Office”, Richard Conniff établit un parallèle entre la vie des animaux grégaires et la réalité quotidienne au travail. Cet ouvrage rassemble une somme d’observations et de connaissances relatives à la vie animale ainsi que des constatations et des anecdotes se rapportant à la vie en entreprise. “The Ape in the Corner Office” n’est pas un livre très structuré, l’auteur passant un peu trop du coq à l’âne. Il passionnera néanmoins le lecteur de bout en bout. Sa perception du monde animal nous révèle de nombreuses informations extrêmement intéressantes. De plus, les liens avec la vie en entreprise ne sont jamais tirés par les cheveux. L’auteur glisse en effet en souplesse d’un monde à l’autre. Le fil rouge du livre est avant tout le fait que les lois qui régissent la société animale sont bien plus complexes qu’on ne le pense généralement. La loi de la jungle et de la savane est un mélange compliqué de compétition et de collaboration, qui s’applique tout autant aux relations sur le lieu de travail. Dans la société animale, ce n’est pas toujours la loi du plus fort qui domine, comme on le croit souvent; il s’agit aussi de partager, de demander et de proposer de l’aide, de créer une ambiance agréable. Il existe des manières stratégiques mais en même temps très naturelles de se faire une place au soleil. Ou comme le formule Richard Conniff: “Nous pensons que notre comportement au travail est tout simplement ce qu’il est. Or, si nous étudions ce comportement de plus près, nous constatons qu’il est profondément ancré dans notre biologie depuis des millions d’années. Mieux comprendre ces racines peut être une révélation.”
En ce sens, la manière dont les chimpanzés règlent les conflits, par exemple, est pertinente pour les travailleurs. Richard Conniff écrit: “Dans notre vie professionnelle quotidienne, les patrons humains dépassent parfois toutes les bornes avec leurs subordonnés, exactement comme les ‘chimpanzés alpha’. Ils se comporteraient mieux dans la vie (y compris professionnelle) s’ils comprenaient jusqu’où même un bête singe peut aller dans le rétablissement de l’harmonie après un conflit.”
Une erreur classique de notre époque, selon l’auteur, consiste à nous persuader que nous sommes des êtes rationnels et non des animaux et que nous maîtrisons notre monde post-biologique. Nous ne voulons en tout cas pas admettre que nous sommes dominés par la biologie ou par les émotions. Ainsi, le travail est une affaire purement logique, où nous comparons les avantages et les inconvénients afin de réaliser un maximum de bénéfices et un minimum de pertes. Mais d’après l’auteur, c’est précisément le contraire: nous sommes des animaux émotifs et une approche évolutionniste et anthropologique de l’environnement de travail est essentielle pour survivre à une lutte où la concurrence prend des proportions de plus en plus darwiniennes.
Dans ce livre, l’auteur étudie en profondeur des thèmes tels que la hiérarchie, le pouvoir, la récompense et la gestion des conflits et avec ses révélations sur les systèmes raffinés en vigueur dans les communautés animales dans ces domaines et bien d’autres, il parvient à évoquer un monde parfois fascinant. Fascinant, mais très proche du nôtre, car il suffit parfois de remplacer le mot “chimpanzé” par “supérieur” pour obtenir des situations typiques du monde du travail. L’auteur ne mène pas une entreprise de dénigrement et son but n’est absolument pas de se moquer des dirigeants. Il veut simplement montrer que certains mécanismes ne sont pas l’apanage de l’homme comme on pourrait le croire et nous le fait comprendre à l’aide d’une analyse du monde animal.
Il démontre ainsi que la question de savoir si une organisation a besoin d’un système fortement hiérarchisé ou au contraire égalitaire n’est pas simple - tout comme la réalité de la société animale est nettement moins linéaire qu’on ne le pense généralement. Car le fait qu’une organisation ait une structure hiérarchique ou égalitaire dépend surtout des circonstances. Tant les babouins que les entreprises du classement Fortune 500 peuvent opérer un revirement complet dans leur style dominant et le font parfois si certaines circonstances ou personnalités les y incitent.
L’auteur s’intéresse également au comportement des dirigeants. Il explique notamment que de nombreux chefs d’entreprise encouragent une culture de la peur car la peur de la concurrence, la peur de la faillite, la peur de commettre des erreurs et de perdre est un moteur. Mais la peur est également néfaste pour l’environnement de travail. Dans ce cas aussi, tout dépend d’un équilibre fragile. L’auteur illustre à nouveau son propos au moyen d’un exemple tiré du monde animal: “Les communautés animales dépendent de la discipline qui leur est imposée par les prédateurs affamés qui voudraient bien les croquer. Les animaux n’aiment pas cette idée et ont peur de devenir l’un des membres vulnérables du troupeau. Mais une menace modérée est saine. Elle maintient les animaux en alerte, attentifs à leur environnement. Il s’agit d’un processus douloureux mais à long terme, le troupeau devient plus fort parce que les animaux les moins agiles disparaissent. Éliminez les prédateurs et tout le monde devient paresseux et gras.” Une étude montre que les troupeaux qui quittent un territoire peuplé de nombreux prédateurs pour un autre où les prédateurs sont rares connaissent en l’espace de quinze ans une perte spectaculaire de leur faculté à échapper aux ennemis. En d’autres termes: un peu d’incertitude et une légère menace, provenant par exemple d’entreprises concurrentes, nous maintiennent alertes et vifs. Les véritables gourous du management sont dans la savane.
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| Changer c’est survivre mais aussi créer de nouvelles visions! |
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La culture, nouveau moteur de l’entreprise, et outil de ses nécessaires adaptations aux exigences du moment? Et si on renversait un peu la vapeur et, sur base du changement, on imprimait un vrai objectif, celui d’une nouvelle culture d’entreprise?
L’homme qui soutient cette thèse et en fait même un véritable vade mecum stratégique n’est pas un de ces théoriciens rêvant d’un modèle d’entreprise angéliste portée par un souci éthique éthéré et très politiquement correct. Non, Pierre Fourès est un spécialiste international des restructurations, et il a nourri notamment au sein du FMI sa préoccupation très pragmatique de l’endettement des pays pauvres entre autres. Mais c’est aussi un homme de cultures, conçues en tant qu’outils de réalisation du changement. Comme l’édification d’une maison selon la vision de son propriétaire est l’affaire autant de l’architecte que de l’ingénieur, rappelle-t-il. Et changer, c’est livrer d’incessants combats plutôt qu’une unique bataille au résultat manichéen. C’est d’abord créer une volonté à partir d’un constat ou d’un besoin, c’est ensuite s’engager par rapport à cette volonté, et pas seulement en termes d’organisation ou de communication (secours techniques certainement bienvenus dans un processus de changement), mais de mobilisation et de cohésion du groupe autour de l’objectif.
Seulement, le changement n’a pas très bonne presse aujourd’hui, et selon l’auteur, nos sociétés, et par osmose, nos entreprises, visent davantage à maintenir un état stable de confort et de conformisme matériel, qu’à encourager l’aspiration à des avenirs meilleurs. Ou encore prennent-elle le temps de définir leur culture, souvent via des études et chartes identitaires réalisées par un département communication, mais qui peine à traduire ce qu’on pourrait appeler la culture intégrée, celle “appropriée” à chaque minute par tous les membres de l’entreprise, et qui se traduit par autant d’expressions quasi impalpables qu’il y a de membres dans le groupe.
Or c’est de cette culture là qu’il faut partir pour prendre conscience de la nécessité du changement et pour entamer une longue et permanente quête évolutive des valeurs et de la vocation de l’entreprise.
Si la première partie de l’ouvrage se révèle assez richement analytique des phénomènes et grilles qui déterminent les cultures, les natures aussi des groupes par rapport aux changements et à l’évolution, c’est une partie relativement ardue et bourrée de références qu’on aurait voulu tout de même plus directement axée sur le propos principal qui est de bien introduire et implémenter les processus de changements nécessaires à toutes les organisations. Il y a énormément à apprendre dans cette partie et les observations pertinentes sur les différents facteurs “culturels” théoriques ne manquent pas, mais tout n’est pas pour autant indispensable dans ce background, pour entrer dans ce qui est le cœur du propos.
La seconde partie de l’ouvrage à cet égard se révèle beaucoup plus utile et aide le “changeur de culture” à établir son plan d’évolution de façon très claire et précise et à manager les acteurs rassemblés autour du besoin d’évoluer. Analyse de l’homogénéité des équipes autour des projets, mais aussi des imputs culturels apportés de l’extérieur de l’entreprise qui touchent aux âges, genres, niveaux de formation,… des collaborateurs. Ceci aidera grandement à déterminer les préoccupations cibles pour parvenir à changer, par exemple à partir d’un service après-vente, à déterminer les moyens d’arriver au “zéro problèmes” dans une production.
Le changement est donc affaire d’équipes, ce qui implique aussi le choix des accompagnateurs du changement, et donc la détermination des rôles indispensables à l’édification d’une culture du changement, mais aussi la reconnaissance des groupes “critiques” ou rebelles avec lesques il faudra composer, tout en les respectant.
L’auteur ne dévoile donc pas de solutions toutes faites pour accomplir un processus de changement de culture. La vraie réponse est déjà dans une partie du titre “Cultiver le changement”, à savoir que l’évolution n’est pas une fin en soi mais un renouvellement constant de pensée et d’objectifs qui puisent leur force dans ce qui les a précédés et fait naître.
“Changer de culture, cultiver le Changement”, guide du pouvoir durable. Editions d’Organisation, 322 pages.
sokal@hrmagazine.be
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| Top entreprises où il faut travailler |
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Auteur: Melanie De Vrieze (réd.) |
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Maison d’édition: Corporate Research |
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ISBN: 90 341992 15 |
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Prix:19,95 euros |
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La panacée des entreprises belges en 2006.
Qu’y a-t-il de commun entre Makro, AMEX SPIE, Procter & Gamble, Capgemini Belgium, ING, Creyf’s, Siemens ou Besix, et une vingtaine d’autres entreprises grandes ou moyennes? C’est qu’il y fait bon travailler, selon les critères de politique RH établis par l’institut Corporate Research Foundation, dans son édition 2006 du “Top Entreprises Belgique”.
Modèles et performantes à tous égards ces entreprises ainsi nominées et citées en exemple dans les près de quatre cent pages de cet ouvrage de référence? Pas nécessairement, mais en tout cas, leur première qualité est certainement d’appliquer avec cohérence, une politique de gestion des personnes en fonction de leurs moyens et des besoins qui se posent. Et c’est ce que Corporate Reserach Foundation détermine à travers quatre critères majeurs objectifs: les conidtions d’emploi primaires et secondaires, les politiques de formation et le training, les promotions internes, l’ambiance de travail et la culture d’entreprise. L’organisation étaye cette analyse par une approche plus investigatrice réalisée au cours d’interviews avec les responsables RH ou de la direction.
Créer et arriver à appliquer ce subtil équilibre est déjà en soi une preuve de clairvoyance mais traduit aussi un vrai souci de faire bénéficier l’ensemble des collaborateurs des possibilités liées aux politiques de recrutement et développement, à une valorisation des rémunérations et des compétences en lien avec la mobilité interne, quand ce n’est pas la responsabilité sociale ou la formation.
Indépendamment de leur champ d’activité, de leur appartenance à des groupes multinationaux, de leur conformité ou non à une approche managériale traditionnelle (Lu, Colruyt ou Europ Assistance sont de bons “contre-exemples” à cet égard), on relèvera que chez nombre des entreprises mises ainsi en exergue dans le livre, il y a d’abord un réel souci d’accueil et d’intégration des nouveaux collaborateurs. Cet accueil notamment vise à “mettre le collaborateur dans le coup” et à la responsabiliser rapidement et activement dans sa contribution au développement de la société ou dans ses implications vis-à-vis de l’extérieur. L’autre aspect à souligner, mais il va aussi de pair avec le sens de l’accueil, c’est la volonté de créer une ambiance de travail de qualité: cela passe aussi bien par des initiatives de solidarité gérées par le personnel lui-même, que par une convivialité de communication ou dans l’aménagement et l’ergonomie des espaces de travail, le sens participatif au management, les organisations flexibles, voire même l’encouragement à développer son leadership.
On sera donc heureux de constater que les entreprises analysées ici font preuve de beaucoup d’imagination, et de créativité personnelle, par rapport à des principes fondateurs en matière de gestion, qu’il s’agisse de formation, de communication interne, d’implication des collaborateurs, de mobilité et de promotions. On est également ravi de constater que toutes sont des pourvoyeuses d’emplois régulières pour ne pas dire importantes, et ce dans toutes les strates de compétences primaires et secondaires.
Difficile d’en trouver objectivement une plus exemplaire que l’autre, d’autant que les secteurs sont très variés (mis à part peut-être les quatre sociétés d’intérim, groupe analysé le plus “présent” dans l’ouvrage). Mais, on s’intéressera certainement au témoignage et aux résultats engrangés des structures qui “viennent de plus loin” comme le Service Public Fédéral personnel et organisation. Celui-ci, sous l’impulsion des réformes voulues par le Ministre Luc Van den Bossche a réussi à repenser la globalité d’une carrière publique, du recrutement & sélection, jusqu’à l’organisation du travail, l’évaluation des collaborateurs et les besoins en formation. Dans le même temps, il a réussi une reconversion d’image des services publics qui rend désormais beaucoup plus humanisée et attractive, une carrière dans les services de l’administration fédérale.
A cet exemple, l’étude sur les trente-deux Top Entreprises belges de 2006 ne donne pas de recettes, mais fourmille de témoignages et réflexions très intéressantes. Parce qu’elles prouvent surtout qu’un management humain réussi est le fruit d’une observation et de relation quotidienne avec les collaborateurs, autant que d’une bonne compréhension de la place de son entreprise sur son marché.
Les Top Entreprises en Belgique
Elles sont sélectionnées par un panel de spécialistes RH sur base d’une e,nquête organisée par Corporate Research Foundation en collaboration avec Hay Group (ils publient également le même type d’enquêtes dans d’autres pays). Les résultats de l’enquête, selon les critères d’évaluation des conditions d’emploi, de salaire, de formation et développement et de culture d’entreprise sont complétés par un témoignage assez fouillé de chaque responsable RH des entreprises sélectionnées.
Le livre est co-édité en Belgique par Standaard Uitgeverij, Jobat, avCorporate research Foundation et HRMagazine.
Informations: Corporate Research Foundation, Place Schumann 6/5,
1040 Bruxelles.
T. 02/234 63 99.
Site: www.researchfoundation.com
sokal@hrmagazine.be
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| Bossons Plus ... Avec plaisir |
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Auteur: Pierre Guilbert |
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Maison d’édition: Academia Bruylant |
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ISBN: 2-87209-780-5 |
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Prix: 20,50 euros |
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Grande question que celle de la réduction du temps de travail, surtout lorsque celui qui la pose choisit le moment où l’on reparle de prolongation des carrières sans trop oser s’y avancer concrètement, et affirme un “Bossons plus… avec plaisir” tout auréolé de sa propre expérience, d’abord d’entrepreneur dans le développement de contenus et l’audiovisuel, puis de sa vie actuelle de consultant et formateur , auprès surtout de PME.
Pierre Guilbert est sans aucun doute un enthousiaste, qui foisonne d’idées, de projets, de bon sens, de conviction. C’est un leader aux manières optimistes, qui retraduit dans ses visions, les réalités et les contingences parfois pesantes de notre fonctionnement socio-économique. Il a pour lui la réussite de ses entreprises, même s’il a aussi connu des échecs et des erreurs (ce qu’il assume avec honnêteté et sens critique), l’expertise d’une personnalité orientée vers l’obligation de succès (c’est tout l’apanage des chefs de PME), et de suggestions à revendre, au point peut-être de tomber parfois dans le travers du “Y a qu’à…” et d’affaiblir son propos par quelques stéréotypes lourds, notamment dès qu’il évoque les performances des administrations ou les attitudes syndicales
Tout est dans la vision que l’on a de la société semble dire notre auteur, et dans le rôle moteur que l’on entend y jouer. S’attaquer ainsi à la durée du travail ne pourra que faire plaisir à ceux qui pensent que le monde est divisé entre ceux qui voudraient mais ne peuvent pas et ceux qui peuvent mais ne veulent pas.
Il y a pourtant une dimension importante que notre auteur semble occulter ou ignorer. C’est qu’un environnement social ne se construit pas à partir des seules aspirations de chacun, actif ou inactif, mais qu’on entre aussi très souvent dans des cultures établies dont il est parfois difficile de s’échapper par le simple constat qu’il existe de nouveaux apprentissages.
Certes, il stigmatise, à raison, l’inadéquation de nos programmes d’enseignements par rapport aux réalités du monde et du fonctionnement en société, et le manque de communication existant entre le pédagogique et le productif. Bien sûr, il s’insurge contre des réglementations administratives, parfois illogiques et souvent décalées par rapport aux réalités de fonctionnement d’une entreprise dans sa globalité (celle de son objectif, celle de ses clients, de ses actionnaires et de son personnel)
Ce n’est pas faute d’évoquer les petits travers comportementaux des collaborateurs en entreprise (et souvent d’ailleurs avec drôlerie et un sens concret du quotidien) ou de suggérer des changements d’attitudes qui rendraient bien évidemment la vie professionnelle et sociale plus agréables (il vaut mieux attendre dans une file animée et communicatrice que silencieuse). Les questions sont assez judicieuses, mais les réponses sont toujours personnelles, donc subjectives, même si elles mettent en évidence une problématique bien objective celle-là, qui relève de l’attrait du travail pour bon nombre de nos contemporains, toutes générations, mais pas tous statuts sociaux confondus.
On garde un peu l’impression que l’analyse est superficielle et qu’effectivement “il n’y a qu’à….” pour résoudre pas mal de problèmes certainement bien réels, mais pas tous essentiels.
C’est souvent le travers des analystes de situations à leur niveau que de ne pas vraiment pouvoir hiérarchiser leur approche des problèmes et les solutions qu’ils proposent d’y apporter. Et c’est dommage parce que cela déforce les observations vraies, et les étonnements justifiés de Guilbert quant à des réactions parfois proches de l’absurde à ses observations et demandes d’explication, ou simplement d’information.
Dans la seconde partie du livre, peut-être moins dédiée aux constats d’une dérive un peu chaotique et égocentrique de nos sociétés post-industrielles et d’une culture de “l’état de fait” dans le chef de nos travailleurs, on en arrive au cœur du sujet: réduire ou non le temps de travail pour ouvrir plus largement le marché de l’emploi? Et surtout comment le réduire ou l’augmenter? avec ou sans ajustement salarial à la hausse ou à la baisse? et enfin comment l’augmenter? Avec quelles perspectives, avec quel rôle des acteurs économiques, sociaux, politiques?
De la pertinence, il y en a, les conseils de bonnes pratiques abondent, et Guilbert porte un regard honnête sur les syndicats ou les pouvoirs publics, mais il laisse un peu la bride à sa vision dès que l’on touche aux acteurs économiques, un peu victimisés dans son approche.
Est-ce à dire que le livre est surtout prétexte à débat? L’auteur fait souvent référence à ses conversations amicales avec ses proches le soir autour d’un bon verre, pour deviser sur les travers et les potentiels de la société, et de l’entreprise en particulier. Rien à voir avec les séminaires de haut vol ou les analyses en profondeur d’experts en sciences du travail.
On retiendra surtout de cet opus, l’aspect témoignage et “œil du candide” par rapport à ce qui pourrait mieux fonctionner et peut-être nous porter vers plus de progrès social et de profit pour tous. Mais on sait aussi que, du constat à la concrétisation via une initiative créative, ou à défaut une loi, il y a beaucoup d’idées qui mettent du temps à passer le cap.
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Auteur: Henry Mintzberg |
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Maison d’édition: Scriptum, 2004 |
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ISBN: 90 5594 376 2 |
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Prix: 37,50 euros |
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Dans “Managers, not MBA’s”, l’auteur à succès et le gourou du management Henry Mintzberg procède à une attaque en règle, aussi impitoyable qu’argumentée, de la manière dont les formations en management sont dispensées dans les business schools. Mintzberg a lui-même rendu (partiellement) sa toge de professeur, car il considérait que la théorie du management enseignée par les écoles était par trop éloignée de la pratique du terrain. Les analyses, anecdotes et arguments rassemblés par Henry Mintzberg composent un portrait décapant des MBA qui, comme le concède l’auteur, sont pourtant plus populaires que jamais et délivrent les clés du succès. Un succès qu’il considère cependant comme illusoire.
“Il est temps de faire souffler un grand vent de renouveau sur les business schools”, écrit Mintzberg. “Ce renouveau est indispensable, même si ces écoles surfent actuellement avec assurance sur la vague du succès, notamment en faisant payer à prix d’or aux étudiants les prétendues lumières de professeurs grassement payés (…) Dans certains domaines, les business schools ont pris le mauvais aiguillage. Elles prétendent former des managers, mais produisent des spécialistes qui, une fois en place, font étalage d’un style de management afonctionnel. Elles ont pour vocation de s’ériger en creusets de la réflexion scientifique la plus noble, mais se laissent de plus en plus souvent guider par des modes et tendances du moment. Elles devraient être les parangons de la raison et de la réflexion, mais elles n’ont de cesse que de se singer l’une l’autre, sans aucune jugeotte.” Henry Mintzberg ne mâche pas ses mots.
S’il est critique, “Managers, not MBA’s” ne frappe jamais sous la ceinture. L’auteur n’hésite pas, bien sûr, à brosser le portrait de ce que devrait être un MBA, et de ce qu’il est réellement, dans une analyse à la fois documentée et motivée. Aux yeux de Henry Mintzberg, le problème est triple: les business schools ne recrutent pas les bonnes personnes, elles utilisent les mauvaises méthodes et poursuivent généralement de mauvais objectifs. Chacune de ces critiques est abondamment détaillée. Mintzberg fait valoir que les business schools recrutent généralement de jeunes professeurs, qui ne possèdent que peu d’expérience du management. C’est là que réside le premier problème: les business schools produisent des candidats qui ont beaucoup appris dans le domaine de la finance, du marketing et autres, qui savent ‘un peu’ ce qu’est le management, mais qui ne sont donc en rien des managers. Pourtant, ils sont considérés comme tels. Or, le management ne s’apprend pas ex cathedra, mais sur le terrain. A défaut, les formations en management doivent s’appuyer sur des expériences de terrain (d’où la nécessité de recruter des managers chevronnés comme professeurs), pour que les élèves puissent élargir leurs aptitudes professionnelles et enrichir leurs savoirs.
Le succès du MBA
Henry Mintzberg considère que les entreprises ont besoin de dirigeants possédant le sens du contact humain, et non de professionnels bardés de diplômes scientifiques. Dans les grandes organisations surtout, le succès ne dépend pas de ce que font les managers en attribuant des ressources et en prenant des décisions, mais bien en aidant les autres à atteindre des objectifs. Il estime que, dans les formations au MBA, la pratique du management est réduite à une seule de ses dimensions: la prise de décision après analyse. Or, tonne-t-il, il est déjà grave de réduire le management à la prise de décision, mais ce l’est encore plus de réduire la prise de décision à l’analyse. Le processus de prise de décision part de la constatation d’un problème, après quoi il convient d’identifier la nature du problème, d’inventorier les solutions possibles et, après évaluation approfondie, de choisir une de ces solutions, de la mettre en œuvre et d’en assurer le suivi. D’après l’auteur, la majorité de ces étapes sont ‘soft’ et ne se prêtent donc pas à une analyse systémique. Or, les formations MBA retiennent presque exclusivement ce type d’analyse.
Mais alors, pourquoi les MBA connaissent-ils un tel succès? D’après Henry Mintzberg, il faut en trouver la raison non dans l’enseignement dispensé, mais dans la méthode de sélection. Le diplôme de MBA est un justificatif tout trouvé pour motiver l’embauche de son titulaire. “Que peut-on reprocher à un chef du personnel qui vient d’engager un diplômé de Harvard ou de Stanford?”, demande Mintzberg avec ironie. A cet égard, une enquête menée par Business Week auprès de 600 directeurs est particulièrement éloquente: d’après la plupart des répondants, un diplôme de MBA ne préjuge en rien de la performance dans la fonction et ne fait pas une grande différence en termes de compétences ni de contribution à l’entreprise. Ces mêmes directeurs concèdent cependant que leur entreprise fait exclusivement appel à des porteurs d’un MBA pour la fonction de management-trainee.
Le grand défaut des formations MBA réside dans la très maigre ration de management qu’elles enseignent, alors que leurs diplômés sont amenés par la suite à gérer “tout et n’importe quoi”: entreprises de production, ambassades, hôpitaux… “Parlons-en de nos hôpitaux! Ils ont récemment vu débarquer des managers MBA qui n’ont de cesse de trouver des clients à ‘servir’, des entités à fusionner et des ‘mission statements’ à publier. A mon avis, quand on a besoin d’un mission statement pour savoir à quoi sert un hôpital, on fait mieux d’aller travailler dans un autre secteur”, écrit Mintzberg.
L’auteur ne se répand pas davantage en louanges face à la dimension internationale dont se parent de nombreuses business schools. A ses yeux, elles attachent trop peu d’importance aux traditions locales de management. Toutes veulent être ‘mondiales’. Autre défaut: lorsqu’elles prétendent enseigner la méthodologie universelle du management, elles résument cette dernière à la recette américaine. Cette dimension internationale est souvent renforcée par le cursus que certaines écoles prestigieuses proposent à l’étranger, dans le cadre d’une pléthore de partenariats et de collaborations internationales. Certaines écoles font valoir que ce réseau accroît la portée et la qualité des formations. Mais, affirme Mintzberg, les étudiants ont effectivement cours avec des professeurs illustres, mais ces derniers sont souvent coulés dans le même moule et ne véhiculent que très peu les véritables besoins culturels. “Ne conviendrait-il pas plutôt d’inciter les écoles locales à faire preuve d’indépendance?”, se demande-t-il. “Elles doivent bien sûr être ouverte aux conseils, mais dans le but de dispenser un enseignement optimal en fonction de leurs propres étudiants. Le vrai leadership n’ambitionne pas une adhésion servile. Il cherche à rassembler des points de vue différents et favorise la fertilisation croisée.”
Huit propositions
Henry Mintzberg n’a pas commis un livre de 400 pages uniquement pour critiquer la voie choisie par les business schools. Dans l’imposante seconde partie de l’ouvrage, il embraye en proposant une trajectoire de formation alternative, qui gomme bien évidemment les défauts et lacunes stigmatisés dans la première partie.
L’auteur formule 8 propositions d’amélioration et de réorientation des formations au management, assorties d’une argumentation détaillée.
La formation au management ne peut être dispensée que par des managers provenant du terrain.
Durant la formation, la salle de cours doit renforcer l’expérience des managers.
Les théories ad hoc aident les managers à mieux comprendre leurs expériences.
La découverte de la substantifique moelle du management passe par l’analyse des expériences au moyen d’idées conceptuelles.
Entre managers, rien de tel que de favoriser la fertilisation croisée des compétences.
L’enseignement basé sur l’impact réel sur une organisation est plus efficace que des réflexions théoriques en salle de cours.
Les six points ci-avant doivent être fusionnés dans un processus de “réflexion-expérience”.
Le cursus, l’architecture et le staff doivent en conséquence évoluer d’une conception contrôlée vers un encadrement souple.
Henry Mintzberg a appliqué ces huit principes à l’International Masters in Practising Management (IMPM), un programme de formation élaboré avec l’aide de plusieurs collègues de différents pays. Il y consacre quatre chapitres, ce qui est peut-être un peu beaucoup. Mintzberg semble en avoir conscience et s’excuse auprès de ses lecteurs de son enthousiasme et de son manque d’objectivité dès qu’il s’agit de cette formation.
Ce petit travers ne saurait occulter le grand intérêt de ce livre. Dans “Des managers, mais des vrais”, Henry Mintzberg nous livre non seulement une analyse très lucide du mode de fonctionnement de business schools et de la manière dont elles (ne) collent (pas) à la réalité du terrain, mais il expose aussi ce qu’est le management et comment il fonctionne. Si vous pensez ne pas avoir besoin d’une telle leçon, révisez peut-être votre jugement…
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